Valère Novarina. Disparaître sous toutes les formes

Novarina accueil

Du 5 février au 28 mai 2017

Valère Novarina peint, écrit, dessine et met en scène : le geste, le mouvement sont au centre de sa création. Selon lui, « l'organe de la pensée, c'est la main ». Il travaille l'espace comme de la matière et les couleurs comme du langage. Son théâtre cherche à rendre la parole saisissable et visible par son déploiement dans l'espace. Il manie depuis le début des années 1970 une langue vitale, éruptive et fiévreuse : elle parle de l'homme, qui hante son univers, prolifère, s'incarne en 2587 personnages dans son chef d'œuvre, Le Drame de la vie (1984). Par la plume, l'artiste appelle, dénomme, esquisse quelques silhouettes - ou creuse des corps ; il poursuit ses expériences d'inquiétude rythmique : renversements des sons des couleurs et des mots. Autant d'épreuves ; de variations d'un texte à l'autre, jusqu'à son tout récent opus, Le Vivier des noms, présenté en 2015 au Festival d'Avignon.


On range volontiers Valère Novarina parmi les artistes inclassables, sans doute parce qu'il progresse à contre-courant, non seulement à l'écart des autres mais aussi au-delà de soi. Il se reconnaît pourtant quelques affinités électives, avec Jean Dubuffet, Louis Soutter, Pierre Lucerné ou Antonin Artaud, peintres et poètes, écrivains ou dessinateurs tout comme lui, ou avec ces artistes qui, sous la bannière de l'art brut, font de leur œuvre nécessité et souffle de vie. Alors oui, l'homme, son verbe, sa vie, motivent l'œuvre de Valère Novarina. Mais il les prend bel et bien à l'envers, à rebours, à la recherche d'un autre langage, de formes inconnues, qui n'appartiennent à personne, et surtout pas à leur auteur, mais s'échappent et saisissent. Ainsi Valère Novarina pratique t-il un art paradoxal et tendu, qui fait rimer engagement et dessaisissement, organisation et précipitation, un art du geste, qui ne s'arrête pas à une discipline mais les convoque toutes et les fait circuler, de l'espace sans dimension de la scène au blanc de la toile ou du papier. Et au centre, donc, reste l'homme, sa main, son corps, sa voix, que Novarina traverse, égare ou dirige dans son théâtre de « vrai sang » où une kyrielle de personnages, féroces ou cocasses, compose et se décompose comme autant d'apparitions et de métamorphoses d'une humanité captive et se délivrant : « Allez annoncer partout que l'homme n'a pas encore été capturé ! ».

Exposition proposée avec la complicité du Grand R - Scène nationale de La Roche-sur-Yon.

 

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