Réinventer la pensée sauvage : Victor Brauner

Réinventer la pensée sauvage : Victor Brauner
Brauner Agenda
13 déc.

Conférence des Amis du MASC - 18h30

Par Didier Semin, professeur aux Beaux-Arts de Paris

Les deux séries de Victor Brauner conservées au MASC (les Onomatomanies, 1949 et Mythologies et Fêtes de Mères, 1965) appartiennent à la seconde période de l’œuvre de l’artiste. Pendant la guerre et dans l’immédiat après-guerre, les circonstances de sa vie l’ont éloigné de l’imagerie onirique à laquelle on associe ordinairement l’univers surréaliste (celle de De Chirico, de Dali…) et qu’il avait faite sienne dans sa jeunesse, pour l’amener à explorer, de façon indépendante, les trois territoires où le XXe siècle est allé alimenter sa volonté novatrice, en art : celui de la folie, celui de l’enfance, celui des arts premiers. Ces domaines sont très présents dans les œuvres montrées aux Sables d’Olonne : dans leurs titres (l’« onomatomanie » est, pour la psychiatrie de la fin du XIXe, le nom d’une singulière pathologie du langage, quand la fête des mères est associée à la petite enfance…), dans ce qu’on appelle leur « facture », des aplats de couleurs associés à des motifs décoratifs, dont l’on trouverait plus fréquemment l’équivalent dans les arts d’Afrique et d’Océanie que dans la tradition européenne, mais aussi dans un érotisme qui pourrait être scandaleux, s’il n’était aussi joyeux et finalement innocent, célébration d’un monde des origines, d’un monde d’avant le pêché, et non évocation des labyrinthes obscurs du désir.

On tâchera, en retraçant le parcours complexe de Victor Brauner, de dégager la logique sous-jacente à une œuvre qui pourrait paraître, au premier regard, disparate, ou à tout le moins faite de séries ou de séquences fort distinctes.

Salle de conférences de l'Abbaye Sainte-Croix

Entrée libre