Eric Fonteneau. Figures du monde

Eric Fonteneau. Figures du monde
Fonteneau-braille

Les cartes blanches


"Des cartes de géographie, blanches, presque invisibles, qui sont l'ombre d'elles-mêmes. Eric Fonteneau a choisi le vide et la lumière qui s'y infiltre pour raconter ces pays réels, pour écrire leurs noms. Les fines perforations d'une aiguille ont dessiné dans le papier blanc les contours de continents, les tracés de fleuves, les courants de reliefs montagneux. Tout y est représenté en creux. Cette matière délicatement déchiquetée, aussi placide et vaporeuse soit-elle, résulte d'une violence faite au support. On est loin de la caresse du pinceau ou du frôlement du crayon. Comme un tatouage, définitif. Donc, pas de trait, pas de couleur, ni même du noir ou du blanc. Rien, un rien indélébile, d'où pourtant surgit le sujet". Scarlett Bonduel Reliquet, extrait de la publication "Rendez-vous de l'art" n°5 - Déc.2000 - Institut français de Barcelone.

Fonteneau in situ

In Situ

Le Grand pas (The Big Leap), 1997, oeuvre insitu, dessin en creux sur le sable.



"Eric Fonteneau (...) imagine en 1997 sa seconde intervention dans le paysage, "Le Grand Pas", qui propose à l'homme de faire un pas de géant, d'un extrême à l'autre du globe. L'empreinte de son pied, démesurée, a exigé des prouesses de calcul et de mises au point. Moulée à même le sable, sur une plage, en bordure de mer, elle ne résistera pourtant pas plus qu'un château de sable. Ce pas titanesque, matérialisé par deux empreintes de pied situées aux antipodes, nul être humain ne peut véritablement l'effectuer. Chacune de ces empreintes reste elle-même trop garnde pour être parfaitement perçue par les promeneurs des plages de Saint-Marc-sur-Mer ou d'Hawaï. Alors à quoi bon ? Reste, avec la photographie qui porte le souvenir de cette action follement poétique, un témoignage de la grandeur et de la petitesse des hommes qui s'agitent telles des fourmis dans un monde trop vaste pour eux. Sans jamais renoncer...". Gaëlle Rageot-Deshayes, extrait du catalogue "Eric Fonteneau, Figures du monde", 2020, MASC.

Fonteneau Archipel

Les archipels

Archipel n°2, 1984, verre, carte marine, dessin et cadre


"La science sait se prendre au jeu de l'imaginaire : effacées les courbes de niveau, les repères, les cotes, restent le vide et le vertige de représentation très purs. Ainsi, avec une sorte de nudité première des contours, sur fond de papier, Eric Fonteneau construit ses îles, ses archipels... Sur le papier-océan, les terres sont en verre, comme si des bris de bouteilles jetées à la mer, fatiguées de mouvements, s'étaient installés là pour raconter ce qu'ils ont vécu. A la fois miroir et transparence, la matière ici renvoie l'illusion et promène la mémoire entre la certitude et le doute". Henri-François Debailleux, extrait du catalogue de la Caisse des dépôts et consignation de Paris - 1986

Le panorama

Le panorama

Panoramique n°7, 2019, pierre noire sur papier Arches


"Son oeuvre tourne le dos à la séduction, à la mélodie des couleurs, pour évoluer dans le noir et le blanc, par d'imperceptibles changements de tons, par des glissements tout en nuances ou, au contraire, dans des rapports rythmiques et de franches oppositions. Il en va ainsi dans les somptueux "Dessins noirs" qui occupent l'artiste depuis les années 2010. Il les réalise à la pierre noire sur papier Arches, toujours au même format (120 x 80cm), et les combine ensuite en de vastes panoramas. [...] Le motif, la plupart du temps extrait ou fragment de paysage, la volute écumeuse d'une vague, la crête neigeuse d'une montagne ou la ramure touffue d'un arbre, naît de l'interaction du dessin, travaillé en noirs profonds, et de la réserve blanche, immaculée, du papier". Gaëlle Rageot-Deshayes, extrait du catalogue "Eric Fonteneau, Figures du monde", 2020, MASC.

Explorateurs

Les explorateurs

Aventurier n°4, 2019, pierre noire sur papier Arches


"Jusqu'à une période récente, rares étaient ses représentations qui mettainet en avant des êtres humains. [...] Aujourd'hui, c'est toute une galerie d'explorateurs clairement identifiés qui s'impose. Comme des portraits en buste à la gloire d'héroïques savants, navigateurs et explorateurs qui viendraient ponctuer les murs des couloirs de quelque académie, ils forment une communauté à laquelle l'artiste souhaite rendre hommage. La plupart d'entre eux sont emmitouflés dans des anoraks, des fourrures avec capuche et chapka ; leur visage est au centre d'un réseau graphique qui évoque autant les matières de leurs vêtements qu'il peut suggérer un environnement topographique avec des sols arides et des végétations rases, des brouillards givrants et des lumières diffuses". Jacques Py, extrait du catalogue "Eric Fonteneau, Figures du monde", 2020, MASC.

Arboretum

Arboretum

Dessin noir n°21, 2018, pierre noire sur papier Arches


"A l'ombre des arbres !", avec ses Dessins noirs, les effets de contre-jour accentuant le contraste de ses représentations, Eric Fonteneau traduit la puissance des jeux d'ombre et de lumière, plaçant à l'occasion le spectateur devant des réseaux de branchages occupant toute la surface du papier comme un treillage venant occulter la clarté des lointains. L'assemblage panoramique de ramures d'essences différentes vient s'offrir frontalement, tel un vaste claustra couvrant la superficie d'un mur devant lequel l'artiste souhaite que passe le regard". Jacques Py, extrait du catalogue "Eric Fonteneau. Le voyage à Alger", 2017.