Henri Cueco. Jeune peintre

Henri Cueco. Jeune peintre
Cueco Prolongation

Biographie


Henri Cueco (1929 – 2017) grandit en Corrèze. Son père est peintre, l’art va de soi dans la famille et l’enfant, qui dessine très tôt, vend ses œuvres dès l’âge de dix ans. La nature, présente au commencement, constitue un premier thème, fondamental, qui traverse tout son œuvre. À partir de 1956, tenté par l’aventure parisienne, l’artiste présente chaque année ses œuvres au Salon de la Jeune Peinture, récemment créé. C’est là que son travail est remarqué ; c’est là aussi qu’il se poursuit et prend de l’ampleur sur le mode d’une aventure collective et engagée qui le conduit à participer en 1970 à la fondation de la Coopérative des Malassis.

Henri Cueco-Nature morte à la cafetière

Natures mortes

Nature morte à la cafetière, 1957, Huile sur toile.


Je peindrai des natures mortes et surtout le grenier ; au grenier la poussière est bleue, le soleil orangé. Les natures mortes sont des amoncellements d'objets. En fait c'est l'ordre habituel de ma mère qui ne range jamais. Je refais on cubisme dont je connais sans doute l'existence par les livres. Merci maman. ce néo-cubisme ne serait-il qu'une vaisselle mal lavée. Henri Cueco

Les Rivières

Les Rivières

Rivière, vers 1964, huile sur toile


Je peins durant l'année 1963 des rivières. Je voudrais faire une toile unie noire et qu'elle soit riche de ce que l'on a caché ou détruit. Je peins l'eau de la Vézère que je vois par les fenêtres de mon atelier, à la tannerie à Uzerche. Une eau réglisse, épaisse, qui cache des fonds vaseux. Je peins les pierres que je couvre de jus noirs. Henri Cueco

Les Baigneuses HD

Les Baigneuses

La Grande Conversation, 1965-1966, huile sur toile


Promenade sur la Vézère, baignade nus. Le corps nacré surgit triomphant sur le noir de l'eau. Je dessine vite d'énormes croquis gonflés de désir, de peur. Je patauge, voyeur affolé... Tout est mêlé. cette vision du corps dans l'eau est tragique et joyeuse. Je suis sûr que personne n'a pu la vivre comme moi et que tout le monde la connaît. C'est ça le "signe". Corps unique et fragile produisant sa propre lumière comme la farine du pain cuit. L'eau qui coule rend tout instable. Le temps s'en écoule. Henri Cueco

Salles de bains

Salles de bains

De la salle de bain à la rivière, 1965-1967, huile sur toile


Jeux d'adultes

Jeux d'adultes

Petit homme devant la forêt, 1967-1968, huile et émail à froid sur toile


La lithographie et son "économie" me débarrassent du pataugeage des palettes. La clarté imparable, la sentence de l'impression lithographique fraîche et dure influenceront mon travail de peintre. J'utiliserai des procédés esthétiques proches de la bande dessinée. De cette ascèse, la peinture, simplifiée, est devenue plus simple et efficace. L'image est cernée par un graphisme linéaire déterminant des localités de couleur pure. La couleur devient un signal qui exalte l'image, qui lui donne de la présence physique. A l'origine de ces "Jeux d'Adultes", des photos de journaux ou de rituels indiens ou africains. Le climat de menace, mais aussi de groupe social cohérent, fraternel, prolonge les préoccupations des lithographies ou des peintures. Henri Cueco

cueco, la rue

Les Hommes rouges

La Rue, 1969, huile et émail à froid sur toile


Entre l'été 1968 et le début de l'année 1970, je réaliserai l'exposition présentée à l'ARC, au musée d'Art moderne de la Ville de Paris en mars 1970, qui s'appellera plus tard "Les Hommes rouges". La peinture est claire, simple de formes et de couleurs. La procédure de travail est au point : entre la lithographie et la bande dessinée, mais avec les gestes techniques du bâtiment ; tracé aux formes arrondies remplies de couleurs vives, élémentaires : rouge, jaune, bleu, blanc et noir. Le brillant de l'émail est destiné à accroître l'impact physique et décoratif des toiles, leur efficacité. Henri Cueco