Anita Molinero. Des ongles noirs sous le vernis

Molinero

Du 5 février au 24 septembre 2017

Anita Molinero concentre son propos sur les matériaux de la sculpture, qui toujours sont à l'origine de ses œuvres. Elle s'engouffre dans la voie de l'objet, ouverte par La petite danseuse de quatorze ans d'Edgar Degas et par les recherches cubistes, puisant autour d'elle, dans le monde contemporain, les ressources nécessaires à ses expérimentations. Elle recourt aux matériaux ordinaires, sans noblesse aucune, des premiers montages en carton de ses « années punk », en passant par la découverte, en 1995, du polystyrène, et jusqu'à son utilisation actuelle des matières plastiques, qu'elles proviennent d'un objet reconnaissable - comme dans la récente série des Poubelles - ou de fragments non identifiables. Le rebut, le déchet, dont la portée symbolique charge ses œuvres d'une résonance écologique, sont avant tout symptomatiques de sa pratique inclusive qui étend considérablement la gamme matérielle allouée traditionnellement à la sculpture. Ancrées dans le monde, ses sculptures naissent de la récupération et du recyclage et se développent dans l'exploration et la trituration - pour ne pas dire dans la torture ou dans la destruction - d'une forme pré-existante.


Anita Molinero procède à rebours de la sculpture conceptuelle dominante dans les années 1970, opposant aux schémas et aux instructions préparatoires l'improvisation du geste, à la fabrication déléguée et industrialisée, la confrontation directe et violente avec le matériau. Son œuvre se pense en même temps qu'elle se fait, l'oeil dirigeant la main et l'esprit dans un mouvement périlleux et précaire qui tranche dans le vif sur le cours que prend la forme. Le rapport d'Anita Molinero à la sculpture est véritablement physique et tient, au-delà de la rencontre, d'une lutte plus ou moins brutale. L'artiste s'attaque à la sculpture au sens propre du terme, elle creuse, découpe, incise, brûle ou liquéfie la matière et de ses interventions à haut risque émerge une œuvre chaotique, chargée en énergie, qui prolifère ou au contraire implose, une œuvre exubérante et instable, à la beauté venimeuse.

Parution du Cahier de l'Abbaye Sainte-Croix n° 134 à l'occasion de l'exposition

Conférence de Valérie Da Costa, maître de conférences en histoire de l'art contemporain  : « Situations de la sculpture contemporaine » le 9 février 2017 à 18h30

 



Agenda

Jeudi 27 avril 2017 à 18h30

Conférence des Amis du MASC Valeur de l'art contemporain Par Dominique...

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Musée de l'Abbaye Sainte-CroixRue de Verdun
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Tél : 02 51 32 01 16
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