Victor Brauner (1903-1966)

Victor Brauner, dont la série testamentaire, Mythologie et la Fête des Mères (1965), est présentée en permanence dans une salle qui lui est dédiée est, aux côtés de Gaston Chaissac, la seconde figure tutélaire du musée. D'origine roumaine, il s'installe à Paris dans les années 1930. Artiste visionnaire, il avait peint en 1931 la prémonition de la perte de son œil gauche, survenue en 1938 lors d'une altercation entre deux camarades. À partir de références qu'il partage avec les surréalistes, l'attrait pour les arts primitifs, les sciences occultes et la psychanalyse, Victor Brauner a élaboré un langage plastique propre, évoluant vers l'épure, la stylisation et le hiératisme des figures, femmes universelles, chimères ou créatures hybrides.

L’intérêt de Brauner pour la psychanalyse se condense dans la série des Onomatomanies. Grâce à l’acquisition exceptionnelle en vente publique de deux nouveaux tableaux, le MASC conserve désormais dix-neuf des trente-sept pièces qui constituent cet ensemble.  

Les Onomatomanies sont peintes d’un trait, au printemps 1949.Elles constituent une expérience unique, imaginative et réjouissante. Exclu du mouvement surréaliste, l’artiste s’écarte alors sensiblement des thèmes cabalistiques et ésotériques pour s’attacher à l’étude de lui-même.

Dans le terme surprenant d’ « Onomatomanie », on relève le télescopage amusant d’onoma (« le mot », en grec) et de « manie », proche de la monomanie, l’idée fixe, l’obsession. Les tableaux sont signés « Victor ∞ «  [l’Infini], affirmant ainsi une vision panthéiste proche de la