Curiosités

Curiosités
Qui a peur de l'art contemporain ?
22 nov.
26 sept.

Curiosités

 

La boîte, dans l’art du XXe siècle, joue un rôle tout particulier. Presque comme un genre en soi. Marcel Duchamp en fut le père fondateur, qui dans le même temps, consacra l’objet. Que la réalité puisse être représentée à l’aide d’une toile et d’un pinceau, cela n'est pas à prouver. Mais elle peut aussi se faire matière même de l’art, faire oeuvre. L’histoire est connue, et riche en rebondissements. Au début du siècle, elle s’inaugure avec les papiers collés cubistes et les assemblages de Picasso. Elle se poursuit avec les frasques de dada, les transfigurations du rebut orchestrées par Kurt Schwitters ou les concentrés de merveilleux mis en boîte par Joseph Cornell.

L’œuvre de Gaston Chaissac, qui métamorphose en d'étonnants personnages, une racine, une pierre ou une vieille assiette, est un jalon essentiel dans la consécration de l'objet qui se poursuit après-guerre autour de la célébration de l'ordinaire, rustique ou citadin. Les tableaux de Victor Brauner ou de Jean Dubuffet également, qui assemblent bois flottants, végétaux ou galets en autant de totems et de talismans. Certains artistes usèrent ensuite de l’objet comme d’une charge (au sens magique ou explosif du terme) ou d'un révélateur (les poubelles d’Arman, mais aussi les substances conductrices de Joseph Beuys ). D'autres le convoquèrent à titre d'archives ou de produit de fouilles pour inventer de vraies/fausses histoires,qu'Harald Szeeman a rassemblées, à l'occasion de la cinquième Documenta de Cassel en 1972, sous la bannière des « Mythologies individuelles ».

C’est ce fil rouge de l’objet, ordinaire ou somptueux, naturel ou forgé de toutes pièces, scientifique, archéologique ou moderne, que déroule le nouvel accrochage des collections du musée conçu comme un cabinet de curiosités, en écho aux boîtes d’un artiste invité : Henri Guitton.