Vincent Corpet - DeSmesures

Vincent Corpet - DeSmesures
Image Présentation Corpet

Vincent Corpet

Présentation

Amorcé au début des années 1980, l’œuvre de Vincent Corpet se saisit de la peinture pour mieux la retourner. Elle vient à l’heure où, après des années de pratiques ascétiques et abstraites, il fait à nouveau bon profiter des joies de la térébenthine : des sujets à tiroirs, de la palette exubérante, de l’imbroglio de la forme ou des emportements de la matière. Sans doute tout cela prend-il un peu le pas sur le sujet, simple prétexte à la déferlante du style dont l’image ici ou là nous restitue quelques bribes. La peinture est profuse, le regardeur se perd et cherche ses repères dans ses méandres colorés, en quête d’indices et de délices auxquels se raccrocher. Elle s’offre sans se donner d’emblée, préférant susciter le trouble, convoquer nos souvenirs, suggérer des connivences.

Audio débuts

Les débuts

Salle 1

Pour débuter en peinture j’ai choisi le sujet du nu abandonné en peinture depuis longtemps. Ces tableaux sont les seuls faits à partir de photographies. Photos de nus académiques du XIXᵉ siècle qui permettaient aux peintres pompiers de se passer de modèle. Partir de la peinture pompière, pour la transformer en « bad-peinture » me semblait à cette époque être un acte transgressif.

Beckmann

Les influences

Salle 2

Beckmann's. C’est Marc Desgrandchamps qui me fit découvrir Max Beckmann, artiste peu connu en France à cette époque (le Centre Pompidou ne possédait que deux petits tableaux, peu représentatifs). Je fis un voyage en Allemagne pour voir l’une de ses rétrospectives : une réelle découverte qui m’ouvrit à l’expressionnisme.

J’ai croisé par hasard Picasso, le 25 février 1985, il était là dans un tableau que je venais de réaliser ! Que faire face à un tel monstre ? Le patron du XXe siècle! Je l’ai quitté 400 tableaux plus tard le 6 juin 1986, enfin c’est ce que je prétends. Entre temps j’ai tout lu, tout vu sur lui. Plutôt que de me détourner, je me suis vautré en lui. Depuis il ne m’importune plus.

Salle 3 - La transformation

La transformation

Salle 3

Les « Enfantillages » forment les analogies de troisième génération. Issus de la partie analogique des « Diptyques » – mais conçus pour être indépendants -, ces tableaux figurent des bêtes bêtes, des animaux idiots. La peinture y est exploitée dans sa frontalité et dans son formalisme. Catherine Millet a écrit à leur propos : « connaissant l’opinion de Corpet sur le milieu de l’art, dont les “ professionnels ” tirent les ficelles en octroyant aux artistes une “ liberté ” qui ressemble fort à leur infantilisation, je ne doute pas que les enfantillages relèvent à leur façon de ces jeux obscènes auxquels se livrent les enfants lorsqu’on les croit sagement occupés devant leur album de coloriage »

Diptyques. Ces œuvres appartiennent à la seconde génération des analogies. Elles se composent d’une analogie « compacte » que je réalise en premier, et d’une seconde toile sur laquelle le contour de l’analogie est reporté, mais en sens inverse. Le second tableau a donc un sens. Il a aussi un sujet. La forme, symétrique par rapport à la première, est entièrement recouverte d’un mélange de terre de sienne et de terre d’ombre. Mais avant que cette couche ne soit sèche, la matière est frottée, essuyée, pour faire surgir une scène (religieuse, sexuelle, parfois tout ensemble) souvent d’une extrême violence. La méthode rappelle celle que j’avais mise au point en 1991, pour l’illustration des 602 passions des Cent-vingt journées de Sodome de Sade. Réalisés d’un seul jet, les seconds volets des diptyques possèdent ainsi tous les critères de la virtuosité.

Audio maturité

La maturité

Salle 4

En 2003, j’introduis dans mes analogies des lettres et des groupes de lettres qui parfois ressemblent à des mots. « Lire la peinture » serait-il l’équivalent de « regarder l’écriture » ? Que dit-on de quelqu’un qui regarde l’écriture ? Que c’est un illettré ou un analphabète. Observons un petit enfant qui ne sait pas lire en train de regarder une image. Il peut sans gêne la prendre à l’envers et, sans se tromper, nommer l’objet, ou l’animal représenté. Mais bientôt, au cours de ses années d’apprentissage de l’écriture et de la lecture, il remettra photos, livres et images à « l’endroit ». C’est le prix à payer pour pouvoir lire et écrire, donc pour pouvoir communiquer avec le plus grand nombre. L’écriture donne un sens à l’image. Et pourtant, au commencement, l’image tournait. Quiconque veut décrypter une image doit donc oublier qu’il sait lire.

Audio Accrochage

L'accrochage de l'exposition

Vincent Corpet - DeSmesures

Par Vincent Corpet, artiste

Titre audio

Le titre de l'exposition

Vincent Corpet - DeSmesures

Par Gaëlle Rageot-Deshayes, directrice du MASC, conservatrice en chef et commissaire de l'exposition Vincent Corpet. DeSmesures